• "Flash Info"

    >> La Fédération des CSFC est signataire de la charte pour l'accès de tous aux compétences clés, aux côtés du réseau des APP, du CMA, des MIFE, de CCI France et du COPANEF.

    >> Tandis que l'Université d'Hiver de la Formation Professionnelle s'interrogeait sur comment mettre la compétence au coeur des réformes en cour et prendre en compte tant la digitalisation de la formation que les formations en situation de travail (dossier à venir sur ce Blog), FRANCE STRATEGIE publiait un important Rapport « Situations de travail, compétences transversales et mobilité entre les métiers » (dont la synthèse est à télécharger ICI) qui éclaire beaucoup d'aspects auxquels sont attachés les « accompagnateurs de compétences » que nous sommes.

Prendre le pari de l’avenir

Interview de Jacques Faubert, Président de la Fédération des CSFC

La Fédération des CSFC [1] veut prendre le pari de l’avenir.

Les conclusions du tome 3 du rapport du COE [2] consacré à « l’automatisation, la numérisation et l’emploi » à laquelle les CSFC ont participé (en tant que membres de l’UNAPL) soulignent la réalité d’une transformation massive des emplois induite par le digital. Comment les formateurs indépendants peuvent-ils s’emparer du sujet ?

Outre les réflexions pertinentes à propos de l’impact du numérique sur la transformation des métiers, ce rapport indique surtout comment ces changements technologiques impactent la question des compétences et des organisations. Et ses conclusions dépassent les seules questions de « tuyauterie » ou de « technique ». Face à cela, le formateur doit modifier sa posture professionnelle car le métier change profondément, comme nous l’avions souligné lors de notre BIENNALE d’avril 2017. L’ère du face-à-face avec des stagiaires est révolue ; l’ « action de formation » change de nature et de modalités : aujourd’hui, le formateur doit se concentrer sur la question des compétences et devenir une sorte de « méta-accompagnant » des entreprises avec une posture associant formation, coaching et consulting pour embrasser l’ensemble de la chaîne de valeur des entreprises. Bref : transformer notre métier pour mieux aider à transformer celui des autres.

Malheureusement, une partie de la profession a encore du mal à entendre ce constat et reste attachée à la posture du monde d’avant. Il reste encore beaucoup d’ « orphelins du DIF » parmi nous.

Les décrets « Qualité de l’offre de formation » et « Parcours de formation » des 30/06/2015 et 22/03/2017 ont-ils été les électrochocs nécessaires à votre profession pour franchir le pas et aller vers une offre de service dépassant le cadre de la seule formation « classique » ?

Ils ont eu leur importance dans cette prise de conscience. Toutefois, la question de la Qualité dépasse les seuls décrets et la question d’y être « conforme », même s’ils ont eu le mérite d’inciter la majorité des formateurs à s’inscrire dans une démarche qualité. Pour autant, au sein des CSFC, nous n’avons pas souhaité participer à la « course à l’échalote » autour de la certification ou de la labellisation. L’essentiel, c’était de faire comprendre à nos adhérents et aux formateurs qui écoutent notre discours qu’ils doivent s’inscrire dans de telles démarches, qui tendent un miroir à nos pratiques, et les placer dans leur ADN professionnel. A ce titre, nous avons accompagné plusieurs centaines de professionnels qui nous en faisaient la demande à répondre aux exigences du Datadock (qui nous apparaît constituer une première marche positive pour aller  dans le sens d’une démarche d’amélioration continue, plus qualitative).

C’est en ce sens que nous nous réjouissons  que le Copanef [3] ait pris enfin en compte la norme ISO 9001-2015 sur le management de la qualité. Elle s’adresse aux TPE et solo-entreprises au-delà des  formateurs, et permet d’intégrer la question de la formation dans une véritable « création de confiance » : cela permettra de parler le même langage que les entreprises clientes. C’est d’autant plus important que les managers sont la clé de la transformation des entreprises et que c’est donc à eux que nous devons nous adresser en priorité.

Une nouvelle réforme de la formation est en cours de négociation entre les partenaires sociaux. La question des compétences semble être inscrite au cœur des discussions même si l’on sent que les questions de financements risquent de créer des tensions entre les organisations syndicales et patronales. Selon vous, est-ce que cette réforme pourrait aider les entreprises à prendre conscience de la nécessité de cette transformation ?

Là encore, il faudra que les acteurs de la formation comprennent que l’enjeu de la réforme n’est pas qu’une question de fléchage des fonds de la formation continue, mais prennent en compte sa philosophie : à savoir aller davantage vers la transformation des compétences. Sur ce point, je sais que cette interrogation traverse aussi bien les formateurs-consultants indépendants que les grandes entreprises. Les OPCA peuvent les aider à s’en convaincre. D’ailleurs Les 2 grands interprofessionnels, Agefos PME et Opcalia, ont exprimé les besoins  d’élargir le panel de ressources pour aider les entreprises à se transformer ; c’est un vrai appel d’air auquel les indépendants peuvent répondre, notamment parce que nous sommes capables de faire du sur-mesure. C’est ce qui ressort en tous cas des rencontres que nous avons avec eux comme du récent Colloque « Former pour et par le travail » organisé à Lyon le 19/12 par le CESER et Agefos PME.

Mais pour cela, il faut que les indépendants apprennent à jouer collectif et à constituer et porter des réponses communes aux appels d’offres des entreprises, associations et collectivités et être force de propositions en réseau. Cette carte, ils peuvent la jouer sur les territoires ou en fonction de leurs spécialités. L’essentiel étant d’apprendre à agir collectivement.

Que diriez-vous aux formateurs-consultants indépendants qui ne parviennent pas à s’adapter à cette transformation de votre métier et continuent à agir selon le modèle économique de la sous-traitance aux grands groupes de formation ?

Pour ces formateurs qui peinent à « joindre les deux bouts » et courent après les marchés, les CSFC offrent de l’information, organisent des « échanges de savoir », des séminaires d’accompagnement et de professionnalisation ; elles constituent un réseau qui peut leur permettre de se rencontrer et de constituer des « équipes » pour travailler collectivement. Sur la transformation numérique, nous organisons de nombreux webinaires thématiques et développons des initiatives avec le FFOD [4]. Nous leur proposons de relever ensemble le défi d’avenir !

[1] Chambres Syndicales des Formateurs Consultants, créée en 1981.                                                        

[2] Conseil d’Orientation de l’Emploi

[3] COmité PAritaire National Emploi Formation

[4] Forum de la Formation Ouverte et à Distance

Interview réalisée par Benjamin d’Alguerre en décembre 2017 – Journal numérique « New Tank RH ».

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